Je ne regrette pas d’être ce que je suis.
Je ne regrette pas non plus de me séparer de son image.
Je ne regrette rien.
Du moins, j’essaye.
Vous savez, vous l’avez certainement déjà tous ressenti cette sensation.
Une sensation de bien-être que vous savez pertinemment être un faux bonheur.
Après tout, nous sommes à la base tous semblables, vous et moi.
Un coeur, une tête et un corps.
En ce moment, c’est ce que je ressens.
Je fais de mon mieux pour que les autres me voient comme je suis…
… Une personne qui pourrait être susceptible de leur donner un espoir.
J’ai pourtant toujours aussi peur de leur en donner un faux.
Je fais ce que je peux pour aller de l’avant.
Créer une nouvelle voie pour que d’autres qui étaient comme moi, se disent:
« C’est possible, je ne suis pas le seul qui suis comme ça. S’il le fait, je le peux aussi »
Donner un exemple, et essayer d’effacer ma fragile psychologie.
Hier, j’ai dansé le mieux que j’ai pu pour le défi qu’on m’a lancé.
Je me suis entraîné comme un forcené pour donner une bonne impression.
Pas pour moi.
Pour ceux qui étaient comme moi:
Je veux leur donner leur donner la force de pouvoir aller de l’avant.
« Vous pouvez le faire, vous voyez? Je l’ai fait aussi, n’est-ce pas? »
C’était ce que je me suis dit.
Craindre la foule, avoir peur du monde extérieur…
C’est vrai, mon corps était imprégné de ce sentiment.
Mais au fond, rien ne me faisait frémir.
Toujours aussi froid.
Toujours aussi glaciale.
Sur la bouche, un sourire constant, le regard vide.
Je souris.
Suis-je devenu un hypocrite?
Ou est-ce juste un puissant masque?
…
Aujourd’hui, j’ai revu V., je l’ai salué, lui et ses amis.
Elle était là.
Et moi, je me suis effacé.
Nos regards se sont croisés, puis, chacun de nous avons fixés le point opposé.
« Merci, tu m’as montré que ce n’est pas en restant sur place que l’on peut changer. Ce n’est pas en foutant rien que l’on peut changer le monde. C’est plus facile de le dire que de le faire. »
J’ai souri.
Réaction trop mécanique à mon goût.
« Autant ne pas sourire si c’est aussi mécanique. »
Ce sentiment de faux bonheur, c’est difficile à expliquer.
En gros, c’est savoir que tout peut aller très bien alors que tout va mal.
Vous le savez certainement tous, mais moi, c’est la première fois que ça m’arrive.
Un vrai sentiment de faux bonheur.
J’ai un entourage sympathique, une famille qui me redonne toujours du courage…
Des gens dans mon lycée et autres part, susceptibles d’être les plus bons amis qu’ils soient…
Des professeurs qui, contrairement à certains de ma primaire, sont très encourageants..
Une vie calme, sans guerre, reposante et surtout, une vie qui ne manque de rien…
Un corps sain qui a fini par ne plus être malade.
J’ai tout ce que je veux, tout ce qui pourrait me rendre heureux…
Mais quelque chose en moins, s’est effondré.
« Il manque quelque chose que j’ai oublié. »
Emotionnellement, c’est ce que je ressens:
Rien du tout.
Physiquement, c’est irritant:
J’ai une envie incessante de vomir sans pouvoir le faire, une envie de pleurer sans avoir la capacité, une envie de dormir tranquillement sans cauchemars, un mal de tête qui me semble quotidiennement habituel, les doigts qui tremblent, mon coeur qui -du moins est-ce une impression à cause de la douleur- s’arrête, un mal de dos, ma mauvaise habitude d’ébouriffer les cheveux, manque de concentration…
Psychologiquement et mentalement, c’est indescriptible:
C’est le bordel.
A l’extérieur, je me demande de quoi j’ai l’air… Vraiment.
Dire qu’à l’autre bout du monde, ils sont heureux même dans la cambrousse…
J’ai honte de moi.
Mais bon, en même temps, « heureux » , c’est une notion vague qui varie d’une personne à l’autre.
Pour moi, je ne sais pas vraiment ce que cela signifie.
Je connais pourtant les termes de: « amusant » , « content« , …
Ca n’a peut-être aucun rapport?
Je ne regrette rien pour autant.
En rentrant, Cyril m’a demandé:
« Tu n’as pas peur de mourir? »
Je lui ai juste répondu:
« Je n’ai rien à perdre, je ne regrette rien. »
Je me demande qu’est-ce que ça fait de mourir.
Il parait que ça fait « froid » .
Je me suis déjà posé cette question auparavant, c’est probablement la deuxième-troisième fois que je me la pose…
Je vous vois venir.
Non, je tiens encore à la vie.
Ceux qui veulent se suicider ne sont que des lâches qui ne sont pas capables de surmonter leurs propres problèmes.
Je me pose juste la question:
« Est-ce qu’il fait plus froid si l’on meurt physiquement ou si l’on meurt intérieurement? »
Oh.
Et vous savez quoi?
Cet hiver, il n’a pas neigé.
Peut-être qu’un jour, on ne verra plus jamais la neige tomber.
Et ce jour-là, on aura oublié qu’elle avait autrefois existé.
